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L’éveil du goût |
Je me suis inspiré d’une histoire vraie (voir Histoire Naturelle et Morale de la Nourriture) pour écrire cette petite nouvelle , relativement noire, sur les asperges. Elle n’est pas conseillée aux enfants ! Les asperges d’Argenteuil. En l’an 1356, le couvent Dominicain de Notre Dame d’Argenteuil était célèbre par de-la ses frontières, pour sa ferveur ecclésiastique. Ses moines étaient tous des théologiens éclairés, certains, fameux jusqu’en Avignon. Ils étaient les gardiens des gardiens de la bonne foie Papal. Leur réputation était telle, que l’évêque de Montmorency, plus connu sous le nom du Grand Inquisiteur, venait faire retraite en ses murs, plusieurs fois par an. Il appréciait particulièrement les lectures en latin de la bible, du très estimé Père Gresforges, le fondateur de l'ordre. Depuis sa nomination par le pape Clément IV, la retraite de l’éminence n’allait jamais au-delà de 7 jours, car son devoir d’inquisition était devenu son vœu de sacerdoce. Ce fut en 1358 qu’il décharna et brûla le plus grand nombre d’hérétiques. En moins d’une année, Il fit exterminer près de 10000 personnes, femmes, enfants et vieillards compris. L’inquisition était arrivée à son comble de l’horreur. Un jour, un de ses lieutenants lui appris que le diable était entré dans la maison de Dieu. - Eminence, quelle peine ai-je à vous annoncer que le diable a pris place dans nos soutanes… - Expliquez-vous! dit l’évêque d’un ton accusateur. - Oui oui monseigneur, repris t-il calmement ; un de mes adjoints a eu vent de l’histoire d’un des braconniers du lieu dit Garange qui prétends, avoir vu les moines du couvent de Notre Dame d’Argenteuil en retour de cueillette d’asperges. Pour preuve, ajouta-t-il, il les suivit jusqu'à la porte du couvent, trouvant par la même quelques asperges fines, complètement vertes… Et, reprit-il sans laisser l’évêque respirer, nous n'avons que deux éléments tenus pour vrai ; ils ne se doutent pas que quelqu’un puisse connaître leur agissement et ils s’adonnent à ce pêcher hautement criminel, après la lecture du soir. Le visage de l’évêque se ferma dans une expression entre l’étonnement et la peur avant d’intervenir puissamment. - Vous êtes sur qu’il s’agit de MON couvent : Notre Dame d’Argenteuil…. Avec le père Gresforges…. Vous pensez qu’il se fourvoierait dans la gourmandise, d’asperge qui plus est… ? Avant même que le Conte d’Arcy n’ouvre la bouche, il ajouta dans un empressement de terreur. - Si cela s’avère faux je ferais pendre votre adjoint et écarteler tous ceux qui l’on aider à nous faire croire a une si piètre histoire. - Mon seigneur, dit-il doucement en avalant sa salive, je vais y aller moi-même, avant que cela ne se sache. Je vais vérifier auprès de ce braconnier ses dires et inspecter les moindres interstices de cette enceinte sacrée, pour déloger le mal. Finit-il d’un air triomphant. - Discrétion Conte.., veillez à être d’une discrétion absolue. Le Père Gresforges est fort estimé en Avignon, ne nous attirez pas les foudres Papales. Conclut-il prestement. Un messager partit le jour d’après pour annoncer la venue du Conte d’Arcy. Il partit le jour suivant, avec ces deux servants. Il fallait près d’un mois de voyage pour rejoindre Notre dame d’Argenteuil. Le Grand Inquisiteur recruta encore plus de Dominicains et accentua la chasse à l’hérétique. Il brûla et tua encore plus d’impurs, allant même jusque dans les églises pour traquer le méchant, le devin, le malotru. Il en élimina aussi par ses propres mains. N’hésitant pas à montrer les rudiments de la torture pour faire avouer les pires mensonges. Ces méthodes commencèrent à indigner les plus hautes instances d’Avignon. L’enquête du conte d’Arcy pris près de trois mois et il ne donna aucune nouvelles à l’Eminence. A son retour, il fit un rapport très détaillé de la situation. Alors, ils décidèrent d’y retourner ensemble, sans annoncer leur venue, la semaine suivante. En l’an 1359, en Notre Dame d’Argenteuil, construite il y a plus de 200 ans, sous la tutelle du très estimée Théologien Père Balthazar Gresforges, l’évêque Gabriel Maurant de Montmorency découvrit le diable en personne et s’y confondit. Les moines dominicains furent châtiés de la façon suivante : tous furent réunis sur le préau clérical, exactement en face du purgatoire .Un à un, ils furent attachés solidement par les bras et les jambes, harnachés à des chevaux de traits. Ils furent écartelés vivants, lentement, dans des souffrances ignobles et insoutenables. Ensuite, ces corps furent tous carbonisés sur un bûcher surmonté de la croix sainte de l’autel. A l’exception du Père Gresforges et des ses deux fidèles moines assistants. Eux, après avoir assistés à ce spectacle d’horreur suivit par la destruction par le feu de leur couvent ; ils furent décapités tous en même temps, leur dépouille jetée aux loups et leur tête plantée sur des pieux, suffisamment hauts pour être vu de loin et placé sur le chemin menant a Notre Dame d’Argenteuil. Ceci fut fait à la suite de la découverte dans l’urinoir commun, après le pissoir du matin, d’une odeur très particulière d’urine, typique des mangeurs d’asperges. Note du rapporteur de Paris pour sa sainteté le Pape Clément IV. 2 Mai 1359.
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